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Repères pour les professionnels

Diogène, thésaurisation,
syllogomanie.

Comment s’y retrouver ?

Travailleurs sociaux, mandataires judiciaires, bailleurs et intervenants à domicile : préciser les mots aide à mieux décrire une situation et à construire une réponse adaptée.

Rédaction : XSIUM · Sources consultées le 15 septembre 2026 · Repères documentaires et pratiques de terrain

Les termes, côte à côte

Sur petit écran, le tableau peut défiler horizontalement.

Vocabulaire et limites d’interprétation
TermeCe qu’il désigneCe qu’il ne permet pas de conclure
ThésaurisationUn mot qui, employé seul, ne précise pas si l’accumulation est pathologique. En santé mentale, on précise « thésaurisation pathologique » ou « trouble de thésaurisation ».Conserver beaucoup d’objets ne suffit pas à caractériser un trouble.
Thésaurisation pathologique / trouble d’accumulationDifficulté durable à se séparer de possessions, besoin de les garder, détresse liée à leur élimination et encombrement qui compromet l’usage des espaces de vie. [2]Ce n’est pas simplement du désordre, une collection ou une question de valeur marchande.
SyllogomanieAppellation française courante de l’accumulation pathologique. Psycom la rapproche explicitement du trouble d’accumulation compulsive et de la thésaurisation pathologique. [1]Ce n’est ni un stade « avant Diogène », ni une catégorie forcément plus légère.
Syndrome de DiogèneTableau décrit autour d’une négligence importante de soi ou du milieu de vie, d’un retrait social et d’une faible demande ou d’un refus d’aide. Une accumulation peut s’y associer. [3] [4]Il ne se résume pas à un logement rempli. Les critères proposés ne sont pas uniformes ; l’accumulation n’est pas obligatoire dans certaines descriptions.
IncurieTerme descriptif de négligence des soins de soi et/ou de l’entretien du cadre de vie, à préciser par des observations concrètes.Elle ne renseigne pas, à elle seule, sur la cause, un diagnostic ou une intention de la personne.

Les nuances qui changent le regard

L’accumulation peut être très invalidante

L’usage du lit, de la cuisine ou des sanitaires peut être compromis. La conscience des difficultés varie : certaines personnes les reconnaissent, d’autres beaucoup moins. La valeur financière des objets ne détermine pas le trouble. [2]

Diogène n’est pas un degré de saleté

Dans une étude parisienne portant sur 50 personnes signalées, 5 ne présentaient pas d’accumulation. Ce résultat illustre la diversité des tableaux ; il ne fournit pas une proportion applicable à toute la population. [4]

Un trouble distinct du TOC

Le trouble d’accumulation est distingué du trouble obsessionnel compulsif, même s’ils appartiennent à un ensemble de troubles apparentés. Le terme « compulsif » n’autorise donc pas à conclure automatiquement à un TOC. [1] [5]

Des situations qui peuvent se recouper

Les liens entre accumulation et syndrome de Diogène restent discutés. Des troubles psychiatriques ou cognitifs peuvent être associés à certains tableaux ; aucune cause unique ne doit être déduite de l’état du logement. [3]

Les publications sur Diogène comprennent notamment des observations cliniques et de petites séries. Elles éclairent des situations complexes, sans constituer une grille diagnostique universelle. L’étude de Monfort et ses collègues souligne l’intérêt d’une investigation médico-sociale coordonnée. [4]

Sur le terrain : décrire avant de qualifier

Les repères suivants sont des propositions de pratique XSIUM pour préparer une intervention et un échange entre professionnels. Ils ne constituent pas un test diagnostique.

  1. Décrire l’usage réel des pièces. L’accès au lit est-il possible ? La porte s’ouvre-t-elle ? Peut-on atteindre l’évier et les sanitaires ? Noter les obstacles précis plutôt qu’un jugement global.
  2. Distinguer les objets et leur état. Effets personnels, papiers, denrées dégradées, déchets : préciser ce qui est observé, sans considérer d’emblée toutes les affaires comme jetables.
  3. Recueillir la parole de la personne. Qu’est-ce qui la gêne ? Que souhaite-t-elle conserver ? Quelle aide accepte-t-elle aujourd’hui ? Séparer ses propos de ceux de l’entourage.
  4. Identifier les risques et les limites de la visite. Accès entravés, obstacles, équipements inaccessibles, éléments non vérifiés : indiquer ce qui nécessite une évaluation complémentaire.
  5. Convenir d’une étape et d’un relais. Définir un objectif concret, les personnes à associer et le rythme envisageable, selon la sécurité et la mission convenue.

Un exemple de transmission factuelle

Exemple fictif de rédaction, sans lien avec les photographies du site.

« Lors de la visite, l’accès au lit est entravé par plusieurs sacs. Le plan de travail ne peut pas être utilisé. La personne souhaite conserver ses documents et accepte de discuter du dégagement d’un passage. Les autres pièces n’ont pas été visitées. Une évaluation complémentaire est proposée avec les professionnels qui l’accompagnent. »

Cette formulation permet de distinguer les faits observés, la demande exprimée et les points restant à vérifier. Éviter de transformer une hypothèse en diagnostic dans un devis ou un compte rendu.

Articuler intervention et accompagnement

En cas de suspicion de trouble d’accumulation, une orientation vers le médecin traitant ou un professionnel de santé mentale permet une évaluation. Une thérapie cognitivo-comportementale adaptée peut être proposée ; le traitement et le suivi relèvent des soignants. [5]

Chez XSIUM, nous préparons le tri, le nettoyage et la réorganisation en expliquant les étapes, en recherchant la participation de la personne et en travaillant avec les relais utiles. Une remise en état du logement ne constitue pas à elle seule un traitement psychologique. Notre méthode adapte le rythme aux possibilités de la personne et aux exigences de sécurité.

Découvrir la méthode XSIUM

Sources et lectures utiles

Les liens renvoient aux pages consultées. Les recommandations de terrain XSIUM sont distinguées des définitions documentaires ; ces références ne constituent pas une validation médicale de notre méthode.

  1. Psycom — Le TOC et les troubles apparentés. Mise à jour du 6 juillet 2026. Information publique en français : terminologie et distinction avec le TOC.
  2. American Psychiatric Association — What is Hoarding Disorder? Révision médicale : septembre 2024. Présentation des caractéristiques du trouble et de leur retentissement, fondée notamment sur le DSM-5-TR.
  3. Lavigne B. et coll. — Syndrome de Diogène et Hoarding disorder : une même entité ? L’Encéphale, 2016 ; 42(5) : 421–425. DOI : 10.1016/j.encep.2016.02.010. Revue : résumé consulté sur PubMed, texte intégral non consulté. Discussion des recoupements et des distinctions.
  4. Monfort J.-C. et coll. — Diogenes syndrome: a prospective observational study. Journal of Aging Research & Clinical Practice, 2017 ; 6 : 153–157. DOI : 10.14283/jarcp.2017.19. Étude observationnelle de 50 personnes à Paris : diversité des tableaux et limites de généralisation.
  5. NHS — Hoarding disorder. Révision du 12 janvier 2026. Information sur l’évaluation et les soins ; les modalités d’accès aux services décrites concernent le Royaume-Uni.

Cette synthèse est informative. Elle ne prétend pas couvrir toute la littérature ni remplacer l’évaluation d’une personne par les professionnels compétents.

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